Environnement
Chefchaouen Info
Géographique de la province :
La province de Chefchaouen se caractérise par la fragilité de ses pentes et leur instabilité, une mauvaise qualité du sol et une érosion importante. Les facteurs expliquant l’évolution des pentes sont divers : la prédominance des roches tendres, la présence de sols argileux, un climat extrême avec des périodes de fortes précipitations ayant un fort pouvoir d’érosion, et des périodes de sécheresse durant lesquelles les matériaux sont exposés à l’érosion. Les formations superficielles héritées sont en équilibre précaire, et la pression humaine, ancienne mais croissante, surtout en milieu urbain en raison des migrations, contribue également à cette instabilité.
La combinaison de ces variables conduit à une instabilité des structures géographiques. Un élément crucial dans la formation géographique de cette région est la « direction des pentes ». Les pentes orientées vers le nord conservent plus d’humidité et connaissent un système d’érosion qui conduit à des cuvettes, tandis que les pentes orientées vers le sud, plus chaudes et plus sèches, sont soumises à une érosion plus importante. Ignorer ces caractéristiques rend les interventions pour limiter l’érosion souvent très limitées. La stratégie alternative consiste à adapter les interventions en tenant compte des différents types d’érosion des pentes.
La province possède également une côte de 120 kilomètres de long, avec des caractéristiques montagneuses se terminant abruptement dans la mer.

Végétation de la province :
La végétation de la région de Chefchaouen est marquée par plusieurs types de forêts et d’espèces végétales :
- Forêt de chêne-liège (Quercus suber) : Arbre toujours vert avec un tronc recouvert d’une écorce épaisse appelée liège, utilisée dans diverses industries. Il atteint une hauteur de 10 à 15 mètres et ses feuilles sont utilisées pour nourrir le bétail, surtout en été et lors des sécheresses. Il pousse dans des conditions méditerranéennes variées, de humide à semi-sec, mais ne supporte pas les hivers froids ni les sols calcaires.
- Forêt de chêne vert (Quercus rotundifolia) : Arbre toujours vert, similaire au chêne-liège mais sans écorce de liège. Il est plus adaptable aux conditions variées de sol et de climat méditerranéen et est très résistant aux impacts humains. Il pousse principalement sur les sols calcaires dans les hauteurs de la province.
- Forêt de chêne-hêtre (Quercus faginea) : Arbre à feuilles persistantes qui peut atteindre 30 mètres de hauteur. Il nécessite un sol riche et profond, humide tout au long de l’année, et se trouve principalement dans les montagnes à environ 1400 mètres d’altitude. Il est sensible au feu et au défrichement, ce qui a conduit à une diminution de ses populations.
- Genévrier barbare (Tetraclinis articulata) : Arbre résistant à la sécheresse et à la pauvreté du sol, présent surtout le long de la côte. Il est menacé par l’exploitation excessive pour le bois de chauffage et le charbon.
- Olivier sauvage (Olea europaea var. sylvestris) : Ancêtre de l’olivier domestiqué, lié aux sols argileux riches, souvent détruit pour l’expansion agricole.
- Caroubier (Ceratonia siliqua) : Rarement forme des forêts, ses arbres se trouvent plutôt dispersés au sein des forêts de genévriers et d’oliviers sauvages.
- Châtaignier (Castanea sativa) : Très rare, se trouve en petits groupes dans la région moyenne de Chefchaouen, avec des fruits nutritifs et un bois de haute qualité.
- Genévrier rouge (Juniperus phoenicea) : Se trouve principalement sur les plages, jouant un rôle important dans la fixation des dunes. Sa surface a diminué en raison du développement touristique côtier et il est maintenant menacé.
- Pistachier (Pistacia atlantica) : Arbre imposant, visible dans les cimetières et les sanctuaires au sud de Chefchaouen et autour de Ouezzane.
- Pin d’Alep (Pinus halepensis) : Arbre massif, souvent utilisé pour les plantations en raison de sa croissance rapide.
- Pin maritime ibérique (Pinus pinaster var. iberica) : Présent en petites quantités dans la région du détroit de Gibraltar.
- Cade (Juniperus oxycedrus) : Croît individuellement dans les forêts dominées par d’autres types de chênes et de conifères.

Réserve naturelle de Talassemtane :
Créée en novembre 2004, cette réserve couvre une superficie de 58 000 hectares dans les provinces de Tétouan et Chefchaouen, près de la Méditerranée et de l’Atlantique. Elle représente un patrimoine naturel national important, avec des forêts couvrant 73% de la réserve, comprenant les montagnes de Talassemtane, Tazekka, et Kelti, ainsi que les cascades de Oued Lou.
La réserve abrite environ 26 espèces rares de plantes ainsi que des forêts de chêne-liège, de pin noir et de sapin. Ses ressources naturelles sont cruciales pour la survie des habitants, mais sont menacées par les activités non durables. La faune comprend des mammifères, des oiseaux et des reptiles, y compris le macaque magot célèbre. La réserve est également riche en diversité culturelle et en traditions locales.
Objectifs de la réserve :
- Protéger et restaurer les espaces forestiers par des mesures collectives et conserver les ressources naturelles de manière durable et rationnelle.
- Soutenir le développement socio-économique pour réduire l’exploitation sauvage.
- Promouvoir la réserve et ses spécificités, aménager et valoriser ses produits pour atteindre un développement social pour les communautés locales.
Plantes remarquables de la réserve de Talassemtane :
- Abies maroccana (sapin marocain) : Arbre magnifique pouvant atteindre 40 mètres de hauteur, avec un tronc droit et des branches en verticilles. Ses aiguilles sont épaisses, rigides et courbées vers la base.
- Cedrus (cèdre) : Arbre toujours vert et ancien pouvant atteindre 65 mètres de hauteur. Ses branches sont longues et fines, et ses aiguilles sont regroupées en bouquets.
Faune remarquable :
- Aigle royal (Aquila rapax) : Vit dans les forêts ouvertes et les zones boisées ou herbeuses, se nourrissant principalement de reptiles, de rongeurs et d’insectes.
- Aigle impérial (Aquila nipalensis) : Prédateur de grande taille, en déclin à cause de la perte de forêts et de ses proies. Il se nourrit de grandes oiseaux et de petits mammifères.
- Hibou des marais (Asio flammeus) : Chasseur nocturne et diurne, se nourrissant de petits mammifères, oiseaux et insectes. Il vit dans les espaces ouverts et les zones humides.
- Macaque berbère (Macaca sylvanus) : Primate endémique du Maroc et d’Algérie, se nourrissant principalement de fruits, de branches d’arbres et d’insectes.
- Sanglier (Sus scrofa) : Vit en petits groupes et se nourrit de branches, de graines, de petits animaux et d’insectes.
- Tortue grecque (Testudo graeca) : Possède une carapace en forme de bouclier, vit plus de 100 ans et se nourrit principalement d’herbes.
- Hérisson (Erinaceus europaeus) : Se nourrit d’insectes, de vers, de limaces, et parfois de petits animaux et d’œufs.
- Faucon pèlerin (Falco peregrinus) : Chasseur rapide, se nourrissant principalement de pigeons et d’autres oiseaux. Il est le plus rapide des oiseaux au monde.
- Lézard des montagnes (Timon pater) : Endémique au nord du Maroc, il vit dans des environnements humides le long des rivières et des forêts de chêne, et est menacé par la destruction de son habitat.
- Renard (Vulpes vulpes) : Carnivore qui se nourrit de petits mammifères, d’insectes, de fruits et de charognes.
- Perdrix marocaine (Alectoris barbara) : Se trouve dans les zones ouvertes et rocheuses, avec une végétation dense et se nourrit de plantes, de graines et d’insectes.
- Mangouste (Herpestes ichneumon) : Carnivore présent dans toutes les régions du Maroc, sauf le désert, se nourrissant de rongeurs et d’oiseaux.
Mohamed El Kadi