Les moulins d’eau « Rahâ »

Chefchaouen Info

Les nécessités de la vie sociale dans le quartier et la ville reposent sur l’existence de lieux qui s’intègrent harmonieusement dans le tissu urbain. Ces lieux peuvent être similaires dans toutes les villes marocaines, mais ce qui distingue Chefchaouen des autres villes, c’est la présence des « Rahâ », ou moulins à eau, en raison des conditions naturelles de la ville, notamment la richesse en eau, principalement incarnée par la source de Ras El-Ma.

La force de l’eau, résultant de la forte pente de la source de Ras El-Ma, faisait tourner les pierres de 21 moulins à farine qui se trouvaient sur les rives des trois branches du fleuve, dans le tronçon situé entre les deux ponts : le pont de Ras El-Ma et le pont de Rif El-Sabbanine. Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges de plusieurs moulins à eau, comme le moulin Al-Hadhari, le moulin Ben Malik, le moulin Ben Aïch, le moulin Al-Gharnati et le moulin Al-Shakouri, ce dernier étant le seul qui fonctionne encore de temps en temps.

Deux moulins se trouvaient à l’intérieur des murs de la ville et fonctionnaient grâce à l’eau des canaux. Ils ont été installés au XVIIIe siècle et étaient utilisés par les habitants qui craignaient de sortir des murs de la ville. L’un d’eux était appelé « Rahâ des femmes » et l’autre « Rahâ des tanneurs », mais il ne reste aujourd’hui que leurs emplacements, désormais ensevelis. La plupart de ces moulins ont été construits par Sidi Boukhr Haddad, qui a tiré parti de l’abondante ressource en eau pour en construire plusieurs.

Mohamed El Kadi